août17
Cette fois fallait prévoir la totale en matos, donc rdv 14h chez Arnaud pour départ prévu entre 15 et 15h30. C’était sans compter l’équipe de bras cassés du jour : une éclopée, un amoureux et un grave retardataire ! Et avec ça le métabolisme « lagaffien » d’Arnaud, caractérisé par des pertes de mémoires aigües et oublis intempestifs, qui contamine la section rythmique : l’ampli basse nous fait cruellement défaut.
Sourire et respirer profondément : rien n’est grave.
Mieux vaut porter son attention sur le positif : l’activisme efficace de notre techno/road/bodyguard Jimmy.

De mon côté, je jubilais de pouvoir en toute impunité abuser de mon statut d’infirme provisoire pour diriger les opérations du haut mon tabouret.
Allez hop, Alain aux commandes, guidé par Benjamin, notre GPS vivant en mode « Jean-Pierre-Pernaut », nous voilà en route via Vitry, St Dizier, pour rejoindre Chaumont, où le tour de France passe précisément ce jour-là , avec son lot de déviations et autres troubles de trafic.
Mais Benjamin, coutumier des lieux, puisque scolarisé dans un internat local, put déjouer les pièges des panneaux jaunes pour nous conduire au centre ville, où les animations (écran géant, château gonflable et baraques diverses) battaient leur plein.

Un passage épique, faute d’être éclair, à la station essence marquera Alain de longs moments de solitude, totalement abandonné à ses pannes respectives de pompe, de mémoire et de tympan.

Peu après on déambulait pour la première fois sur la moquette du spacieux Strike, entre les pistes de bowling et autres billards, punching ball, baby foot et flipper.

Un espace très confortable nous avait été réservé au bout du restaurant, où l’acoustique optimale nous permit de contrôler à souhait le volume que Xavier le Boss souhaitait modéré, du moins pour commencer.
Comme il n’y a pas de presta U-Turn sans boulette, une fois les lights prêts, on s’est rendu compte qu’on avait oublié la barre transversale sur pieds. On profita donc de l’équipement sur place : une belle rampe de projos circulaire.
Après l’effort, le réconfort. C’est que ça creuse le boulot de roadie ! Mesdames et Messieurs, veuillez prendre place dans la salle de réception pour déguster filet d’autruche et noix de st jacques, steak tartare, tartine maison et entrecôte, île flottante, fondant au chocolat, pizza nutella / noix de coco, crème brûlée au coulis de framboises et profiteroles.

Le problème, c’est qu’après ce réconfort-là , difficile de retourner au turbin !
Ravie d’avoir prévu, pour cause de mobilité réduite, de m’éviter l’étape du changement de tenue, ma préparation de star se limita donc pour une fois à une courte séance d’échauffement de cordes vocales dans le Trafic, le temps pour les garçons, faute d’amphétamines, de boire un café.
22h, greffée nonchalamment à un tabouret de bar façon Patricia Kaas, j’entamais le show en douceur, bien décidée à rester raisonnable.

Arnaud, qui affichait ce jour-là une forme tout en nuances flegmatiques, n’a pour une fois pas rechigné au début de set volontairement calme (Sweet Dreams, Vivre ou Survivre, Frozen).

Mais bon, n’est pas crooner qui veut et la torture du tabouret m’infligea l’effet de quelques milliers de fourmis qui me grimpaient le long des jambes.
Ah le tableau devait valoir le coup : une chanteuse en béquilles qui hoche du chef !
A croire que notre attentif public, quoique timide et plutôt éparse dans ce bowling victime du beau temps et de la période estivale, fut sensible à cette image d’Epinal. Ils en redemandèrent !
C’était la première fois qu’on vendait des cds dès la première pause.
Benjamin, de son côté, resta toute la soirée fidèlement collé à son boîtier HF, système sans fil destiné, je le rappelle, à pouvoir se déplacer sur des dizaines de mètres. On mettra ça sur le compte du trac éprouvé à jouer dans un endroit familier.
Alain nous a encore tous scotchés avec son jeu phénoménal. On a même cru distinguer, sur le visage de Xavier, un mince filet de bave pendant le solo de Beat it.
Notre bouquet final sur 99 Luftballons fait toujours mouche. Un habitué des lieux est même venu me féliciter d’avoir chanté en allemand. Es war mir ein Vergnügen ! (Ce fut un plaisir !)

Les garçons, qui ont remballé et chargé le camion de manière très pro, avaient bien mérité le dernier verre auquel le Boss nous convia. Ce fut enfin l’occaze de porter un toast au bac + mention de Benjamin et pour moi de déguster un cocktail sur mesure: framboise, malibu, soho !

Alain nous ramena sains et saufs de ce dernier concert de la saison.
Salut les gars, bonnes vacances et rendez-vous tout au bout du mois d’août…
